1. /
  2. Tous les Dossiers
  3. /
  4. Les professions juridiques libérales
  5. /
  6. Avocat
  7. /
  8. Enquêtes
  9. /
  10. Senegal-droit.org, un site dédié au droit - Par Maître Ameth BA, Ancien Bâtonnier

Senegal-droit.org, un site dédié au droit – Par Maître Ameth BA, Ancien Bâtonnier

Avocat & barreaux / Enquêtes

Source : Par Maître Ameth BA, Ancien Bâtonnier

J’ai découvert, très tôt, qu’en occupant mon esprit par des choses utiles, je lui évitais de dériver vers le futile et les futilités.

Je dois reconnaître que cette philosophie de vie comporte sans aucun doute des inconvénients, mais également bien des avantages.

Je me garderais bien d’avoir à répertorier les inconvénients et avantages, car le sujet se trouve ailleurs. Le travail peut devenir un réel plaisir, comme l’a déjà révélé un brillant esprit : choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour”(Confucius).

Le but de ce « post » est de promouvoir un site web entièrement dédié au droit, et non la promotion d’un homme qui aime le droit.

Mais vous l’aurez compris, cet homme a décidé de consacrer du temps et de l’énergie au site web, sans rien attendre en retour, si ce n’est le plaisir de travailler, partager.

Mon credo, en ces longues années de pratique professionnelle, a toujours été de maintenir le lien avec l’université et la formation continue.

Aujourd’hui, je réalise, malgré l’expérience cumulée, les connaissances appréciables engrangées, que de nombreuses matières du droit me sont encore presque inconnues.

Bien entendu, le but n’est pas de tout savoir, dans tous les domaines. Au contraire, le besoin de spécialisation doit pouvoir conduire l’avocat à concentrer sa pratique professionnelle en un nombre réduit de matières du droit.

Il faut, toutefois, porter un regard attentif et critique sur son environnement.

A quoi sert-il de se spécialiser dans une matière pour laquelle l’environnement local, ou même sous-régional, offre très peu d’opportunités ?

Vous êtes spécialisé en droit aérien, droit de la propriété intellectuelle, droit de la mode ou d’autres matières encore plus exotiques, quid si les affaires n’arrivent pas ?

Sans compter que pour un avocat, il est impératif de gagner sa vie, nourrir sa famille, couvrir les charges, avant de songer à faire du droit pour le plaisir.

Cette dernière objection est sans aucun doute pertinente.

Dans la trajectoire de chacun d’entre nous, les succès cohabitent avec les échecs. Donc, cela ne marche pas à tous les coups.

« La plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute » disait encore Confucius.

Je ne suis pas contre la spécialisation des avocats, bien au contraire. Mon propos est de dire qu’elle est nécessaire, mais pas suffisante.

Mieux encore, en poussant plus loin l’analyse, force est de reconnaître qu’avant la spécialisation, ce serait déjà une excellente chose que les avocats soient tous de fervents adeptes de la formation continue. Cette idée est dans les textes de la plupart des barreaux, un quantum horaire annuel de formation continu s’impose aux avocats inscrits au tableau, sans exception aucune.

En France, cette obligation de formation contenue trouve son origine dans une loi du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques, laquelle avait prévu, en son article 14-2, ce qui suit.

« La formation continue est obligatoire pour les avocats inscrits au tableau de l’ordre.

Un décret en Conseil d’Etat détermine la nature et la durée des activités susceptibles d’être validées au titre de l’obligation de formation continue. Le Conseil national des barreaux détermine les modalités selon lesquelles elle s’accomplit ».

Au sein de l’espace UEMOA, le Règlement n°05/CM/UEMOA consacre, en son article 29, le caractère obligatoire de la formation continue « pour tout avocat inscrit dans les barreaux de l’espace UEMOA » et renvoie au Règlement d’exécution et aux règlements intérieurs de chaque pays concernant les conditions et modalités d’accomplissement de celle-ci.

Le Règlement d’exécution n° 002/2019/COM/UEMOA relatif à la formation professionnelle initiale et continue des avocats dans l’espace UEMOA opère une distinction entre la formation initiale et celle continue, la première étant organisée autour de sept modules, certainement pour les avocats stagiaires, la seconde concernant tous les avocats inscrits au tableau.

L’avocat stagiaire devra subir un minimum de quinze (15) heures de formation par module et pour chaque année de stage. Quant à l’avocat inscrit au tableau, il lui est demandé d’accomplir un minimum de vingt (20) heures de formation par année civile.

Quand vous faites une formation, en allant au bout, il y a forcément un savoir acquis dont l’utilité viendra, un jour ou l’autre.

En outre, le savoir vous ouvre des perspectives, tout en mettant en évidence vos propres limites.

Apprendre le droit maritime m’a fait comprendre l’utilité de l’anglais et du droit de l’arbitrage.

Étudier l’arbitrage m’a ouvert une fenêtre sur le droit du sport. En travaillant sur le site web https://senegal-droit.org, je mesure, tous les jours, les limites de mes connaissances en droit.

Quelle solution ?

Une seule, l’apprentissage du droit devrait être, pour l’avocat, ou plus simplement le juriste, un processus sans fin.
Ce site web est le vôtre.
Ouvert à tous les passionnés du droit.
Ouvert à toutes les suggestions.

Par anticipation, bonne et heureuse année 2021 à tous.

Dakar, le 02 décembre 2020.

Me Ameth BA

 3,158 vues au total,  3 vues ce jour